Parmi les nouvelles du remaniement ministériel de mardi soir, deux concernent directement le champ
de la jeunesse et de la vie associative :
- Roselyne BACHELOT devient ministre de la Santé, de la jeunesse, des sports et de la vie
associative ;
- Bernard LAPORTE hérite en plus des sports, de la jeunesse et de la vie associative.
Voilà qui réjouira tous ceux qui défendent ardemment l'intitulé "jeunesse et sports".
Cette mesure pourrait également combler le déficit d'interlocuteur dans le champ de la jeunesse, de
l'éducation populaire et de la vie associative, subi depuis des mois.
En fait, pour Bernard LAPORTE, il s'agit simplement de revenir à ce qui avait été annoncé
initialement, alors qu'il conduisait encore les espoirs d'une équipe de France sportive à devenir
championne du monde. Que de temps perdu !
Le SEP prend acte de cette nomination et regrette qu'il n'y ait pas eu la désignation d'un secrétaire
d'état à la jeunesse, l'éducation populaire et la vie associative, distinct de celui du sport :
l'expérience a montré combien l'amalgame de la jeunesse et du sport se fait régulièrement au détriment
du secteur jeunesse (baisse des budgets, perte de postes, absence d'orientations, méconnaissance de
notre champ, ...).
D'ailleurs le directeur de cabinet de Bernard LAPORTE lors de la dernière rencontre avec l'UNSA
éducation, avait évoqué la difficulté d'appréhender clairement le secteur JEP "moins lisible et
structuré" selon lui que celui du sport. Comment prendra-t-il donc en compte son nouveau champ
de compétences et avec quelles personnes ressources ?
Bien entendu, la symbolique des nouvelles dénominations est importante, particulièrement le rajout de
la vie associative dans les titres de Madame BACHELOT et de Monsieur LAPORTE. Mais le risque est fort
qu'il ne s'agisse - là aussi - davantage d'un affichage que d'une volonté de construire une
politique ambitieuse. Ces nouveaux habits ne révèleront-ils pas que le roi est nu ?
Le SEP a demandé dès hier à rencontrer le plus rapidement possible le directeur de cabinet de Bernard
LAPORTE. Il faut d'urgence travailler au renforcement des missions de jeunesse, d'éducation populaire
et de vie associative de l'Etat avant qu'elles ne soient broyées par l'implacable machine à
restructurer qu'est la RGPP.
Quid de la mission éducatrice de l'Etat à la citoyenneté et à l'émancipation individuelle et
collective conduite dans des démarches d'accompagnement pédagogiques adaptées, partenariales et
complémentaires de celles des associations et des collectivités territoriales ?
Son avenir se joue maintenant. Et la seule défense des étiquettes ne suffira pas à la sauver !