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La violence qui s'exprime actuellement depuis plusieurs nuits dans " les quartiers " est avant
tout une marque de souffrance. Certes, il est possible que quelques agitateurs attisent à présent
les incendies et autres débordements. Pour autant la source première est liée au mal de vivre.
Celui qui s'impose lorsqu'on est discriminé sans cesse pour le lieu où l'on vit, la couleur de sa
peau, son absence de statut social et de travail. Celui qui fait souffrir lorsqu'on est confronté
au chômage, aux problèmes de logement, à la pauvreté, parfois même et de plus en plus souvent à
la misère. Celui qui déstructure lorsqu'on se cherche une identité, une culture, une place dans
une société qui ne semble pas se soucier de vous.
La violence de cette ghettoïsation ne s'adresse pas qu'aux seuls jeunes, mais c'est eux qu'elle
touche le plus, les enferme dans le désarroi et le désespoir et c'est eux qui y réagissent. Ils
méritent des réponses éducatives, sociales, culturelles. Elles ne sont ni faciles ni évidentes.
Les recettes n'existent pas et nul n'est besoin dans ce domaine de donneurs de leçon.
Pour autant, il existe un ministère chargé de la jeunesse. On peut s'interroger sur son silence et
sur ses moyens pour agir. Si le budget du sport est en légère augmentation, celui de la jeunesse
et de l'éducation populaire est en constante diminution. Les associations qui sont présentes et
œuvrent au quotidien dans les quartiers sont de moins en moins aidées par l'Etat. Les conseillers
techniques et pédagogiques sont de plus en plus souvent enfermés dans des tâches administratives
ou de contrôle alors qu'ils seraient bien plus utiles sur le terrain a exercer leur métier et
leur spécialité de pédagogues et d'éducateurs.
Le SEP milite pour une véritable politique ambitieuse d'éducation populaire et de jeunesse par
laquelle l'Etat doit réaffirmer sa mission éducatrice. Si elle n'est la seule réponse à la
situation actuelle, elle contribuera à la construction de pistes pour une autre société plus
juste, plus solidaire, plus émancipatrice.
La responsabilité est collective, les solutions ne peuvent qu'être élaborées de manière commune.
C'est pourquoi le SEP UNSA Education appelle de ses vœux la mobilisation de l'ensemble des acteurs,
pouvoirs publics, collectivités territoriales, mouvements associatifs, organisations syndicales.
Des rencontres doivent avoir lieu afin d'élaborer une véritable politique avec les moyens humains
et financiers de sa mise en œuvre durable et non un xième plan d'urgence.
A la souffrance, il faut substituer l'espoir : c'est la véritable urgence pour aujourd'hui comme
pour demain !
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